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La biocompatibilité et l’adhésion restent au cœur des décisions cliniques, du choix d’un pilier implantaire au protocole de collage d’une restauration. Plusieurs publications parues ces dernières semaines explorent le traitement de surface de la zircone, la performance à long terme des adhésifs universels et une nouvelle génération de matériaux bioactifs.

Tour d’horizon, à destination du cabinet, de ce que ces travaux changent — ou confirment — dans nos protocoles de prothèse et de restauration.

Zircone : le traitement de surface au centre du jeu

La zircone s’est imposée comme matériau de référence en prothèse implantaire et fixée, mais son comportement dépend étroitement de l’état de surface. Une étude publiée dans Journal of Biomedical Materials Research Part B s’est penchée sur l’effet de différentes méthodes de traitement de surface sur les caractéristiques physiques et l’activité biologique d’implants en zircone [1]. Les auteurs rappellent qu’au-delà de l’esthétique et de la résistance mécanique, la topographie de surface influence l’interaction cellulaire et donc l’intégration tissulaire.

Pour le cabinet, le message est double : le choix d’un matériau n’est pas dissociable de son conditionnement de surface, et la communication avec le laboratoire sur le type de finition retenu prend tout son sens. Les travaux de ce type confortent l’intérêt d’un dialogue prothésiste-praticien autour des traitements appliqués, en particulier sur les piliers et armatures en zircone.

Adhésifs universels : la preuve par le long terme

Les adhésifs universels « no-wait » promettent simplicité et rapidité, mais leur durabilité reste la vraie question clinique. Des résultats à 36 mois publiés dans Clinical Oral Investigations évaluent l’influence du mordançage laser sur la performance clinique d’un adhésif universel [2]. Un suivi à trois ans apporte un niveau de preuve plus solide que les seuls tests in vitro, et éclaire les choix de protocole pour les restaurations collées.

Autre variable souvent sous-estimée : l’opérateur. Une étude comparant les systèmes etch-and-rinse, self-etch et universels a examiné l’influence de l’expérience de l’opérateur sur la force d’adhésion à la dentine [3]. Les auteurs rapportent que la technique de mise en œuvre reste un facteur déterminant — un rappel utile à l’heure où la simplification des protocoles ne doit pas faire oublier la rigueur du geste. Pour une équipe, cela plaide pour la standardisation des protocoles de collage et la formation continue, quelle que soit la famille d’adhésif utilisée.

Composites injectables et stratégies de collage sur l’émail

Les composites injectables, très utilisés pour les restaurations directes guidées par mock-up et les techniques additives, soulèvent la question de leur adhésion selon la préparation de l’émail. Une étude parue dans Clinical and Experimental Dental Research a évalué la force d’adhésion de composites injectables sous différents traitements de l’émail et stratégies de collage [4]. Ces données intéressent directement les protocoles d’éclaircissement du sourire, de fermeture de diastèmes ou de wax-up transféré, où la qualité du collage conditionne la pérennité du résultat.

Là encore, la cohérence entre le matériau choisi, le conditionnement de surface et la stratégie adhésive apparaît comme la clé d’un résultat durable.

Matériaux bioactifs : peptides, chitosane et nanoparticules

Un autre front d’innovation concerne les matériaux à visée biologique. Une étude in vitro décrit le développement d’un matériau de coiffage pulpaire contenant un peptide antibactérien et reminéralisant [5], illustrant la tendance à conférer aux biomatériaux une fonction active plutôt que seulement passive. Dans le même esprit, une revue exploratoire s’intéresse au gel de chitosane en dentisterie pédiatrique et à ses applications émergentes [6].

Côté prévention des infections péri-implantaires, un nouveau gel bioadhésif conçu pour limiter la formation de biofilms bactériens sur les implants a fait l’objet d’une étude in vitro [7]. Enfin, une vue d’ensemble détaille les développements actuels des composites dentaires intégrant des nanoparticules antibactériennes [8]. Ces approches partagent un objectif commun : prolonger la durée de vie des restaurations et des reconstructions implantaires en agissant sur le microbiote de surface.

Ce que cela change au cabinet

Ces publications dessinent une orientation claire : la performance d’un matériau ne se joue plus seulement sur ses propriétés mécaniques, mais sur l’ensemble « matériau + traitement de surface + protocole d’adhésion + comportement biologique ». Pour le praticien, trois réflexes se dégagent. D’abord, documenter et standardiser les protocoles de collage, l’expérience de l’opérateur restant un facteur mesurable [3]. Ensuite, dialoguer avec le laboratoire sur les finitions de surface des pièces en zircone [1]. Enfin, suivre avec intérêt — sans précipitation — les matériaux bioactifs et nanochargés [5][7][8], encore majoritairement évalués in vitro.

La plupart de ces travaux restent préliminaires ou expérimentaux : ils tracent des pistes prometteuses plus qu’ils n’établissent de nouveaux standards. Mais ils confirment que le choix des matériaux est, plus que jamais, une décision clinique à part entière.

Références

  1. Fu Y, Li Y, Li N et al.. The Effect of Surface Treatment Methods on the Surface Characteristics and Biological Activity of Zirconia Implants. Journal of biomedical materials research. Part B, Applied biomaterials, 2026 Oct. PMID 42808256. doi : 10.1002/jbm.b.70136.
  2. Aydemir G, Gorucu J, Yazici AR. How laser etching affects the clinical performance of a “no-wait” universal adhesive: 36-month results. Clinical oral investigations, 2026 Sep 28. PMID 42803829. doi : 10.1007/s00784-026-07166-2.
  3. Pulido C, Loguercio AD, Falconí-Páez C et al.. Influence of operator experience on the bond strength of etch-and-rinse, self-etch, and universal adhesive systems to dentin. Clinical oral investigations, 2026 Sep 26. PMID 42799959. doi : 10.1007/s00784-026-07163-5.
  4. Chaves JDP, Camargo ES, Rached RN et al.. Bond Strength of Injectable Composites Under Different Enamel Treatments and Bonding Strategies. Clinical and experimental dental research, 2026 Oct. PMID 42788695. doi : 10.1002/cre2.70464.
  5. Çetiner H, Balkaya H, Demirbuga S et al.. Development of an experimental pulp capping material containing antibacterial and remineralizing peptide: an in vitro study. BMC oral health, 2026 Sep 12. PMID 42806335. doi : 10.1186/s12903-026-09846-7.
  6. Solanki DR, Fulzele P, Rahate I et al.. Transforming Pediatric Dentistry with Chitosan Gel: Current Evidence and Emerging Trends-A Scoping Review. Materials (Basel, Switzerland), 2026 Sep 17. PMID 42795171. doi : 10.3390/ma19183951.
  7. Baus-Domínguez M, Hermida-Cabrera P, Pascual J et al.. Development of a New Bioadhesive Gel in the Prevention of Bacterial Biofilms on Dental Implants: An In Vitro Study. Clinical and experimental dental research, 2026 Oct. PMID 42801508. doi : 10.1002/cre2.70422.
  8. Mullappally A, Vijay Kumar V, G R A. Current Developments in Antibacterial Nanoparticle-Based Dental Composite Materials: A Comprehensive Overview. International journal of dentistry, 2026. PMID 42798748. doi : 10.1155/ijod/7065782.